
Le mercredi 24 décembre 2025, la salle de réunion de la mairie de Bohicon a accueilli l’atelier de clôture du Projet Intégré de Promotion de la Santé Communautaire, Nutritionnelle et de l’Équité Genre (PISEG). Dans une ambiance à la fois chaleureuse et participative, acteurs institutionnels, partenaires techniques, bénéficiaires et responsables communautaires ont dressé le bilan d’un projet qui, en sept mois, a profondément marqué les communes de Bohicon et de Toffo.
Mis en œuvre par la Mutuelle de Jeunes Chrétiens pour le Développement (MJCD), avec l’appui de l’ONU Femmes et le soutien financier du Fonds Muskoka, le PISEG est né pour répondre à la persistance d’indicateurs alarmants en matière de santé sexuelle et reproductive dans le sud du Bénin. Face à ces enjeux, une stratégie de Suivi-Évaluation-Apprentissage et Redevabilité (SEAR) a accompagné toutes les étapes du projet afin d’assurer performance, transparence et capitalisation des acquis.
Un espace de redevabilité et de capitalisation
L’atelier de clôture avait pour objectif principal de partager les réalisations du projet et d’identifier les bonnes pratiques à documenter et à diffuser. Il s’agissait aussi de favoriser leur appropriation par les parties prenantes pour garantir leur pérennité.
Les résultats présentés témoignent d’un impact significatif. Alors que la première phase, le projet de promotion de la santé sexuelle, reproductive et nutritionnelle (PSSRN), avait permis de former 160 jeunes filles et d’impacter indirectement plus de 11 200 personnes, le PISEG est allé plus loin. Cinquante-cinq unités villageoises de sensibilisation ont été mises en place, 65 spots et deux émissions radiophoniques produits sur la santé et les droits sexuels et reproductifs, 165 kits d’hygiène menstruelle distribués et 110 femmes victimes de violences basées sur le genre accompagnées. À cela s’ajoutent l’installation professionnelle de 30 femmes diplômées et l’insertion socioprofessionnelle de 30 jeunes vulnérables.
Des voix qui traduisent le changement
Les témoignages ont donné un visage humain à ces chiffres. Aimée Agonhessou, bénéficiaire, a salué des formations utiles sur les infections sexuellement transmissibles et la gestion financière, soulignant leur contribution à l’épanouissement économique des femmes. Pour le Dr Belmondo Nonnonhou, médecin coordonnateur de la zone sanitaire Allada-Toffo-Zè, les effets sont déjà visibles : la fréquentation des formations sanitaires a évolué et certaines prévalences ont commencé à baisser.
Natacha Aïzoun, cheffe du service social du CHD Zou-Collines et point focal Institut National de la Femme (INF), a rappelé l’engagement constant de son institution aux côtés du projet, insistant sur la nécessité d’une extension à d’autres communes. Un appel partagé par Étienne Affodo, psychologue clinicien au Centre intégré de prise en charge des victimes de VBG (CIPEC) , qui a mis en avant le double volet prévention et prise en charge des violences basées sur le genre, tout en soulignant qu’« tant qu’il reste à faire, rien n’est fait ».
Vers une extension et une transformation durable
Pour Augustin Babagbéto, chef projet à la MJCD, l’avenir passe par un élargissement des actions, notamment vers les adolescents et même les enfants du primaire, afin d’ancrer tôt les notions de droits, de santé sexuelle et de comportements responsables. Plus de 300 jeunes, a-t-il rappelé, dialoguent aujourd’hui plus librement avec les acteurs de santé, signe d’une évolution des mentalités.
Jean-Baptiste Amoussou, coordonnateur du projet, a conclu en insistant sur les changements tangibles observés au sein des communautés et sur l’assouplissement progressif des normes sociales restrictives. Avec le soutien renouvelé des partenaires et l’implication des autorités locales, MJCD entend poursuivre la transformation des normes sociales, promouvoir la masculinité positive et renforcer l’autonomisation des femmes et des filles.
S’il est vrai que le PISEG arrive à son terme, la dynamique engagée se prolonge et annonce une nouvelle phase, plus large et inclusive, au service du bien-être durable des communautés.
Benn MICHODIGNI

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